Trois ou quatre étapes, pas davantage. Un road trip en camping dans le nord de l’Italie se rate presque toujours pour la même raison : on veut tout voir, on avale des kilomètres, et on finit par planter la tente à la nuit tombée sans avoir rien regardé. L’idée inverse marche mieux. On choisit un secteur, on y pose le campement pour plusieurs nuits, et on rayonne autour en voiture. Les trajets raccourcissent, les lessives sèchent, les enfants retrouvent leurs repères. C’est moins spectaculaire sur le papier, et nettement plus agréable sur le terrain.
Les circuits qui tiennent debout sur une carte
Les organismes qui vendent du matériel de camping-car publient leurs propres suggestions, et elles ont le mérite d’être testées. Narbonne Accessoires en propose cinq pour le nord du pays, avec des passages par les mosaïques byzantines de Ravenne, les Dolomites, les Cinque Terre et le lac Majeur.
De son côté, Just4Camper découpe le même secteur en trois blocs : la côte adriatique, les Dolomites, puis les Cinque Terre et le lac Majeur. Ces découpages se recoupent, ce qui n’est pas un hasard. Pour situer les distances et les habitudes de route en Europe, pyrenees-tourisme.fr donne un bon ordre de grandeur avant de réserver quoi que ce soit.
Franchement, le découpage de Just4Camper est le plus facile à suivre avec des enfants ou un van aménagé. L’Adriatique se descend sans forcer, les Dolomites demandent des cols mais se traversent sur de courtes distances, et le trio Cinque Terre plus lac Majeur se rejoint par l’autoroute en une grosse demi-journée. Ce qui compte, c’est de ne pas mélanger les trois blocs dans la même semaine. Un secteur par semaine, un campement fixe par secteur, et les journées s’allègent d’elles-mêmes.
Un campement fixe vaut mieux qu’une file de campings
Réserver une nuit ici, une nuit là, c’est le piège classique. On passe son temps à plier, déplier, ranger, et on paie plein tarif pour des emplacements qu’on quitte à l’aube. Les campings du nord de l’Italie sont souvent organisés autour d’une piscine, d’un petit commerce et de sanitaires corrects, ce qui justifie de rester au moins trois nuits. Le prix à la nuit baisse quand on annonce la durée, et surtout on cesse de démonter le auvent chaque matin.
L’application Park4night revient souvent dans les discussions entre campeurs, et Just4Camper la cite explicitement pour repérer les « camping-car park » et les spots où dormir hors saison. Elle ne remplace pas une réservation en juillet ou en août, mais elle sauve une soirée quand la route a pris du retard. Un arrêt de camping-car correct, une aire calme à l’entrée d’un village, et la nuit se passe sans stress.
Ce qu’on vérifie avant de poser les piquets
Le confort d’une étape tient à des détails qu’on ne voit pas sur une photo de brochure. Une liste courte aide à trancher sur place, quand la fatigue rend la décision plus difficile.
- La présence d’ombre sur l’emplacement, parce qu’un terrain en plein soleil devient un four dès neuf heures du matin en août.
- Des sanitaires propres et un point d’eau potable, à vérifier à pied avant de payer.
- Combien de nuits minimum le camping accepte-t-il en haute saison ?
- L’accès au village à pied, qui évite de déplacer le van pour un simple dîner.
- Le bruit de la route voisine : une nationale à cent mètres gâche le sommeil sans qu’aucun avis ne le signale.
Pour l’équipement, un coup de fil règle souvent ce qu’une page web laisse flou. Le service client Narbonne Accessoires répond au 04 68 41 42 42, du lundi au samedi de 9h à 18h sans interruption, et c’est utile pour vérifier la compatibilité d’un auvent ou la disponibilité d’une pièce avant de partir.
De Bergame au lac de Garde, l’étape qui marche à tous les coups
Le blog Les carnets de route décrit un enchaînement simple : une première étape à Bergame, puis le lac de Garde et Vérone. C’est court sur la carte, ça se conduit sans autoroute, et ça donne deux villes au lieu d’une seule. Bergame haute se visite à pied depuis les remparts vénitiens, et le soir, à table, on comprend pourquoi la cuisine lombarde ne cherche pas la complication. Sur ce point, voir aussi notre article sur road trip en moto sportive.
À Bergame, une adresse à noter : La Colombina, Via Borgo Canale, 12. Les Casoncelli alla Bergamasca y sont servis avec la polenta taragna, deux plats qui remplissent un marcheur affamé sans ruiner la soirée. Le lac de Garde, lui, se découvre par sa rive ouest, plus calme que la rive est saturée de parcs d’attractions. Vérone tient en une journée, entre l’arène et les ruelles du centre.

La question de la « plus belle partie » du nord de l’Italie revient sans arrêt, et elle n’a pas de réponse unique. Les Dolomites écrasent tout par leurs parois et leurs routes de col, mais elles se méritent : les campings y sont rares en altitude et les températures nocturnes surprennent même en été.
Les Cinque Terre, elles, supportent mal la voiture, et un van se gare forcément à l’écart, à La Spezia ou à Levanto. Ce qui reste, une fois ces contraintes posées, c’est un choix personnel entre la montagne et la mer.
La côte adriatique, l’option qu’on sous-estime
Ravenne arrive souvent en fin de liste, et c’est une erreur. Les mosaïques byzantines des basiliques se visitent à vélo, la ville est plate, et les campings de la côte se trouvent à quelques kilomètres. On dort près de la plage, on pédale le matin, et l’après-midi se passe à l’ombre d’une coupole du sixième siècle. Le contraste avec les journées de route est brutal, dans le bon sens.
Le secteur adriatique demande tout de même un arbitrage. La côte est construite, les stations s’enchaînent, et l’ambiance de juillet n’a rien de sauvage. Si l’on cherche le calme, mieux vaut viser les terres, du côté de Bologne ou de Ferrare, et descendre sur Ravenne en journée. Ça dépend vraiment de ce qu’on attend d’un séjour : la baignade facile ou les vieilles pierres au frais.

Le parcours idéal, en vrai
Un itinéraire tient en quatre temps : deux nuits vers Bergame, trois nuits sur le lac de Garde, trois nuits dans les Dolomites, puis la descente vers Ravenne ou les Cinque Terre selon la saison. On garde une journée tampon entre deux secteurs, celle où l’on ne prévoit rien et où l’on avance tranquillement.
Les bouchons du vendredi soir sur les axes du lac se contournent en partant le samedi matin, tente déjà sèche. Ce rythme laisse le temps de cuisiner, de se baigner, et de revenir sans avoir l’impression d’avoir conduit des vacances entières. Et vous, accepteriez-vous de renoncer à deux étapes pour mieux dormir dans chacune ?
